VAN GOGH : à Montmartre (février 1886 – février 1888)

Et, mon cher camarade, ne perdez pas de vue que Paris, c’est Paris. Il n’y a qu’un Paris, et bien que la vie y soit difficile, et même si cela devait s’aggraver, devenir encore plus difficile, l’air de France éclaircit les idées et fait du bien, beaucoup de bien.
Lettre de Vincent van Gogh à Horace Mann Livens, Paris 1886

En arrivant à Paris en 1886, Van Gogh n’était qu’un peintre parmi tant d’autres. La capitale française regorgeait d’artistes et d’aventuriers, qui venaient parfois de très loin pour chercher le succès et la fortune. Vincent, qui vivait chez son frère Theo, était au cœur de cette marmite bouillonnante, à quelques pas de l’atelier de Toulouse-Lautrec, de celui de Cormon et de la boutique du père Tanguy.

De nombreux peintres, poètes, sculpteurs et compositeurs se croisaient dans ces mêmes quartiers autour de la butte Montmartre, du boulevard de Clichy, de la place Blanche et de la place Pigalle.

Le plus souvent, les nouveaux arrivants venaient se brûler les ailes, victimes de leurs attentes trop optimistes et des tentations de la grande ville.

 

 

Van-Gogh-Autoportrait-Paris-1887

Autoportrait, Paris 1887, Art Institute, Chicago.

 

Van Gogh lui-même faillit succomber aux excès de toute sorte qu’offrait Paris. Après deux ans, en février 1888, sentant qu’il mettait son corps et son esprit à trop rude épreuve, il décida de s’extraire de l’emprise de la capitale pendant qu’il en était encore temps.

Au niveau artistique, la rencontre des peintres parisiens et de leurs méthodes était une révélation. Il abandonna sa palette sombre, se mit à expérimenter avec les méthodes de l’impressionnisme et constitua tout un réseau d’amis et de connaissances pour échanger tableaux et expériences.

Il apprivoisa les nouvelles techniques pour mieux les dépasser. Tout comme Degas, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Seurat ou encore Bernard, Van Gogh créa une série d’œuvres inoubliables, qui apparaissent aujourd’hui comme un grand travail préparatoire, une longue étude avant l’immortalisation des motifs provençaux qui feront sa renommée.

 

Van-Gogh-Portrait-du-pere-tanguy

Portrait du père Tanguy, Paris 1887, Musée Rodin, Paris.

 

Une plaque reprenant ces informations a été érigée à Montmartre le 18 avril 2015.
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