VAN GOGH : à Auvers (20 mai 1890 – 29 juillet 1890)

Champs sous un ciel nuageux, Auvers-sur-Oise, 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam.

Champs sous un ciel nuageux, Auvers-sur-Oise, 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam.

En arrivant à Auvers-sur-Oise, Van Gogh était en grande forme, énergique, sûr de son projet et sûr du soutien infaillible de son frère. Un accord avait été trouvé avec le Docteur Gachet – le médecin de famille des Pissarro – qui avait accepté de garder un œil sur Vincent. Figure emblématique de l’impressionnisme, mondain excentrique, Gachet accueillit Vincent et ses tableaux éblouissants avec beaucoup de bienveillance.

A Auvers, Vincent travailla avec énormément d’audace, de conviction et d’énergie. Il créa plus de 80 œuvres en moins de 70 jours, avec une maîtrise technique totale et une volonté manifeste de bousculer ce qui restait encore des conventions de l’art pictural.

Autoportrait apporté à Auvers par l’artiste, Saint-Rémy de Provence, 1889, Musée d’Orsay, Paris.

Autoportrait apporté à Auvers par l’artiste, Saint-Rémy de Provence, 1889, Musée d’Orsay, Paris.

Dans ses nombreuses biographies, on évoque souvent un homme sauvage et incontrôlable, alcoolique et colérique. Ses tableaux, ses lettres et les témoignages contredisent cette image. Adeline Ravoux, la fille de l’aubergiste chez qui Van Gogh louait une chambre meublée pour 1 Franc par jour, se souvenait d’un homme courtois, avenant et sans histoires. Arthur Ravoux, son père, n’hésitait pas à laisser sa fille poser pour Vincent, ce qui témoigne de la confiance qu’il lui accordait.

Pouvant se consacrer entièrement à son art, débarrassé des doutes quant à sa pertinence, Vincent allait toujours plus loin.

Ses expérimentations étaient multiples et déconcertantes. Il trouva à Auvers son format de prédilection, le double carré de 50cm sur 100cm et réalisa le tableau qu’il appelait sa « toile la plus voulue », le Jardin de Daubigny. Ses dernières œuvres, en suspension entre l’art figuratif et l’art abstrait, contiennent en germe l’art explosif du début du vingtième siècle.

Il correspondait avec sa mère, sa sœur, et avait repris le fil d’une correspondance interrompue avec Gauguin. Il se heurtait cependant à l’un de ses grands dilemmes : il supportait mal la compagnie d’autrui, mais ne supportait pas davantage d’être seul. Il exprima ce sentiment ambigu dans sa série inégalée des champs d’Auvers.

Quelques jours avant son décès, il commanda encore des couleurs et des toiles à Theo. Rien n’indiquait qu’il pouvait vouloir attenter à ses jours. Un dimanche, il sortit de l’Auberge Ravoux pour revenir plusieurs heures plus tard avec une balle dans le corps. Il déclara à qui voulait l’entendre qu’il avait tenté de mettre un terme à ses jours.

Personne ne sait exactement ce qui s’est passé le 27 juillet 1890 à Auvers. Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les conditions de sa mort, survenue deux jours après le geste ultime du peintre, ne changeront pas la couleur et l’éclat de ses tableaux.

Van-Gogh-Notre-Dame-d-Auvers-Auvers-sur-Oise-1890

Une plaque reprenant ces informations a été érigée à Montmartre le 18 avril 2015.
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