VAN GOGH : à Arles (février 1888 – avril 1889)

La Maison jaune, Arles 1888, Van Gogh Museum, Amsterdam.

La Maison jaune, Arles 1888, Van Gogh Museum, Amsterdam.

Sa vie parisienne étant devenue trop intense et trop exténuante, Van Gogh se mit en quête d’une destination plus calme où il pourrait produire une série d’œuvres qui auraient leur place sur le marché de l’art.

Theo semble avoir encouragé le départ de Vincent, dont le tempérament passionné ne présentait pas que des avantages… Sa vie dissolue et les intrigues qu’elle engendrait étaient difficilement compatibles avec la vie rangée que Theo se devait de mener.

La lecture d’ouvrages évoquant le Midi de la France, les discussions avec Toulouse-Lautrec et son admiration pour Zola incitèrent le peintre à choisir Arles pour commencer son exploration de la Provence. Il pensait aussi pouvoir promouvoir l’impressionnisme à Marseille, et y développer un marché pour Theo.

Nuit étoilée au-dessus du Rhône, Arles 1888, Musée d’Orsay, Paris.

Nuit étoilée au-dessus du Rhône, Arles 1888, Musée d’Orsay, Paris.

Portrait du Dr Rey, Arles 1889, Musée Pouchkine, Moscou.

Portrait du Dr Rey, Arles 1889, Musée Pouchkine, Moscou.

La ville d’Arles et ses environs immédiats fournirent à Vincent un nombre infini de motifs. Portraits, paysages urbains et agrestes, intérieurs, natures mortes, tout ce qu’il vit l’inspira. Ses recherches sur la couleur y aboutirent à l’apogée de la haute note jaune, que l’on retrouve tant dans l’éclat de ses Tournesolsque dans le scintillement subtil de ses étoiles.

Après quelques semaines dans une pension qu’il jugeait affreusement chère, et où il avait le sentiment de se faire escroquer, il loua une petite maison de trois pièces, qu’il destinait à l’accueil d’autres peintres. Au mois d’octobre 1888, Paul Gauguin fut le premier et le dernier à l’y rejoindre. La cohabitation entre les deux peintres fut un échec cuisant. Une nuit de décembre, après une violente dispute, Vincent se trancha le lobe de l’oreille gauche et écrivit par la même occasion une des pages les plus commentées de l’histoire de l’art.

Ses démêlés avec l’alcool et la folie n’ont pas empêché Van Gogh de réaliser en Arles une série de chefs-d’œuvre impressionnants. Paradoxalement, les tableaux et dessins de cette période témoignent d’une lucidité, d’une finesse d’esprit, d’une sensibilité et d’une maîtrise technique hors du commun.

Une plaque reprenant ces informations a été érigée à Montmartre le 18 avril 2015.
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