La pente douce de la rue Muller

La pente douce de la rue Muller

Elle était déjà dessinée sur le cadastre de Montmartre quand nous étions un village autonome, et pas encore une commune libre, avant 1860.

En fait, elle traçait son sillon dès 1825, longeant le porche de l’unique maison de l’époque (1750) qui ait survécu : le numéro 22 et ses 4 étages sur 114 mètres carrés, sans cave évidemment (nous sommes sur le flanc est de la Butte, tout près du square Louise Michel, c’est-à-dire en pleine zone de carrières). Elle portait le nom du propriétaire du terrain, Muller. Puis vinrent le 8 (1840) le 2 (1850) et ensuite Montmartre devint, avec le hameau Clignancourt et un coin de St Ouen, le XVIII° arrondissement. Alors vinrent en 1860 le 21 et le 30, suivi d’une vague de constructions en 1870 (les numéros 3, 5, 16, 18, 19 et 28) et en 1880 en même temps que le chantier de la future basilique (les 9, 13, 15, 23 et 32).

D’autres maisons poussèrent ensuite de temps en temps, les deux dernières étant le 4 en 1920, et le 6 en 2000. Au passage, le 7 et le 14 disparurent.

Montant au flanc des jardins du Sacré-Cœur jusqu’au 2 de la rue Lamarck, un escalier de 65 mètres de long, bordé de trois maisons côté pair (de bas en haut : 1890, 1870, 1900), est un des plus jolis coins du village, mais si les anciennes photos et les mémoires fidèles continuent de parler « des escaliers de la rue Muller » cet escalier est devenu la rue Maurice Utrillo le 18 avril 1963, et donc c’est une autre histoire.

Pour couronner ce tracé mouvementé, la rue Muller a deux débuts et deux fins, officiellement enregistrés : elle commence au 49 rue de Clignancourt et au 1 de la rue Ramey, et elle finit en une adorable placette où se croisent le 8 de la rue Paul Albert et le 33 de la rue Feutrier : c’est ainsi que la définit le décret du 9 juillet 1870, alignant par la même occasion les maisons d’angle du côté Clignancourt. En seulement 181 mètres de long elle nous promet bien des surprises !

MONTER…

Je commençai mon exploration en descendant à l’arrêt « Muller » du bus 85, au lieu de descendre à l’arrêt « Utrillo » de notre Montmartrobus quand il vient de la mairie du XVIII° (métro Jules Joffrin), et de descendre l’escadrin aigu. C’est être en bas de la pente. Douce, certes, plus douce que bien des ruelles montmartroises, mais pente quand même. Arrivant par le métro Château-Rouge, après le zig-zag de la rue Poulet, j’arriverais au même point. Au passage j’aurais noté qu’il ne reste rien du « château rouge » en briques style Louis XVI où Joseph Bonaparte signa l’autorisation de reddition face à l’avancée du Feldmarschall Schwarzenberg le 30 mars 1814 avant de fuir à Blois, ni du bal créé dans un pan du bâtiment et disparu en 1875.

A l’horizon, escaladant le ciel, l’escalier célébrissime. Le temps est clair, le soleil d’hiver est radieux, ma foi ! mes brodequins de marche, mon bâton ferré et en route !

Dès le départ, un décor plein de tendresse, comme souvent chez nous : à droite, Le Clair de lune, un café bar à cocktails devant lequel bavardent les fumeurs, et à gauche les murs mystiquement tapissés de bouteilles des Caves parisiennes. D’anciennes cartes postales montrent qu’à cet angle gauche était un simple « Fruits et primeurs » en 1905, puis une « épicerie de choix » F. Reby en 1925, aux lettres dorées sur fond noir. Sur le mur du premier étage, un mouton peint. Caché quand les volets sont ouverts, il me regarde avec curiosité. Qui a dit à qui : « Dessine-moi un mouton sur ce mur » ?

Lors de ma seconde expédition le 28 février, je vis des panneaux de sens interdit qui avaient fleuri devant les façades, d’un coup, sans prévenir, en dépit du bon sens, comme des jonquilles printanières, dimanche 26 (source : un haut dignitaire de la République de Montmartre). Je raconterai plus loin ce qu’il en advint.

UN CARREFOUR POUR RAYMOND DEVOS

Premier carrefour avec la rue Feutrier. De droite à gauche : une brocante, un bar-hôtel, un bar musical de nuit.

La brocante, c’est le 5 de la rue, De l’autre côté de la Butte, le royaume de Julien Brisedoux, dont l’extension a colonisé le marché Vernaison des Puces de St Ouen. Le patron absent, la boutique reste magique : tout et son contraire, voilà apparemment la seule ligne de conduite. D’un Goldorak géant à des pastels de danseuses, des chaises années 50 pour décor de film jusqu’au buste de Beethoven et un crâne sculpté, tout, vous dis-je. Pendant qu’une jeune fille conseille un habitué, je déniche un émouvant daguerréotype : un monsieur en uniforme (lequel ?) debout fièrement devant un vélo comme en a dû connaître Zola, et une écriture fine : Papa vers 1895. Voilà de quoi nourrir mes rêves. Avec une vue du Moulin Rouge sans son moulin, cerné de réclames agressives, et un dessin de d’Arcy montrant un homme-sandwich au panneau Buvez du lait ! s’enquillant un kil de rouge sans remords, ma visite fut fructueuse.

Le bar-hôtel Le Muller a le charme des bistrots en bois dont le sol suit la pente montmartroise, créant des paliers et des détours. Devant lui, deux sens interdits : l’un confirmant que non désolé la rue Muller ne se remonte plus, et l’autre disant que ah non, la rue Feutrier ne se descend plus vers del Sarte. J’observerai avec régal les voitures arrivant là, depuis Clignancourt, découvrant le panneau non-Muller, freinant, et se rabattant alors à gauche en ignorant superbement le non-Feutrier.

Le bar, le Blue note, bien connu des amateurs de musique brésilienne, est toujours clos aux heures où je passe. Actuel emplacement du Jazz’O Brazil qui enchantait la déjà très riche rue Mouffetard, et qui est venu au 14 de la rue Muller en 2001. Jeannette, la fondatrice, a passé le relais à Stéphanie et à Laurence qui accueille les amateurs de musique brésilienne de haute volée.

Lui aussi a sa jonquille rouge, non-Muller, mais pas de flèche bleue pour signaler qu’à droite la rue Feutrier se remonte désormais. On sent de grands moment en devenir, ici. Raymond Devos aurait été heureux. Je propose qu’on donne son nom à ce carrefour.

Continuons.

UN POULPE DANS LA VITRINE

Dans la vitrine du 11, je sursaute : un reptile me fixe de ses yeux de verre. Naturalisé. A côté d’un singe jouant avec des livres noirs. Naturalisé aussi. Autour de ces animaux pour cabinet de curiosités, des livres : je suis devant les célèbres éditions Baleine, où naquit Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe. D’ailleurs un splendide poulpe en bronze règne au-dessus des titres les plus récents. Arrêtons-nous sur leur histoire, car même s’ils sont sur la Butte depuis peu, ils ont vraiment l’esprit anar montmartrois.

Tout a commencé lorsque Antoine de Kerversau et Hélène Bihéry acceptent de rediriger leur toute neuve maison d’édition de polars (1995) dans la direction proposée par Jean-Bernard Pouy : un héros libertaire jouant les justiciers chaque fois qu’un article lu dans son bistro du matin l’interpelle. Il y part avec des armes bizarres et, surtout, avec un seul livre dans son sac, qui commente l’action. Pouy lui donne le surnom de Poulpe pour ses longs bras, en clin d’œil aux pulps. Chaque auteur d’une histoire du Poulpe respectera cette charte, car chaque titre a son auteur. Le démarrage est sec : La Petite écuyère a cafté de Jean-Bernard Pouy,Saigne-sur-Mer de Serge Quadruppani et Arrêtez le carrelage de Patrick Raynal. Les jeux de mots dans le titre, cela fait aussi partie du contrat. Le succès est immédiat. J’ai croisé un jour, par un hasard ahurissant, le « vrai » bistro du Poulpe, 149 avenue Ledru-Rollin, et j’y mangeai ses pieds de porc à la Ste Scholasse (sic), recette vénérable, pendant que le patron me montrait « sa » table…

Audaces de collections, concepts inédits, découvertes d’auteurs, les éditions Baleine foncent. Trop vite : l’argent ne peut pas suivre. Rachetés en juillet 1999 par le Seuil, ils expérimentent d’autres aventures. Le Seuil ne suit pas non plus, garde les droits du Poulpe et relâche la Baleine en 2002. D’autres maisons copient le procédé « un héros, des auteurs » comme le Fleuve Noir ou le Routard. Avec les Contrebandiers Editeurs ou la Baleine, qui serre brièvement la main de la Martinière, Kerversau et ses anar continuent le roman populaire tout en y faisant naviguer, en clandestines, leurs idées subversives. C’est à cause de ces passagères à fond de cale que l’arrivée d’un livre de François Brigneau de 1948 au catalogue Baleine Noire fait sauter la sainte-barbe du navire. Pour la jeune génération, abrégeons en disant que les écrits de Brigneau (Emmanuel Allot), cofondateur de diverses revues haineuses et de non moins haineuses associations, étaient d’un nationalisme maurrassien antisémite auprès duquel l’actuelle extrême-droite est cosmopolite et écolo-mondialiste. D’ailleurs un de ses procès perdus fut à la suite d’une insulte à Anne Sinclair (16 mai 1989). Le 16 février 2010, Didier Daeninckx déclenche la guerre à l’intérieur du groupe, comme il le fit en 1995 contre un négationniste de gauche. Les arguments de Platet, l’éditeur, purement stylistiques, ont sans doute convaincu certains de ses amis – pas moi, je l’avoue – et cet apparent combat d’idées est aussi un heurt entre fortes personnalités : Raynal, Quadruppani, quels noms !…

Je rêve à tout cela en regardant les couvertures colorées du Poulpe… l’humour corrosif de Jean-Bernard Pouy, héritier de l’anar espagnol de 1936 qui tenait son ciné-club… ses derniers livres aussi explosifs que son devenu classique Spinoza… les aventures déjantées de Lecouvreur… mon achat et ma lecture du Tractatus Logico-Philosophicus de Ludwig Wittgenstein, parce que le Poulpe l’avait lu… mes recherches pour trouver l’image de l’avion qu’il restaure avec l’argent gagné dans ses aventures… Tous ceux qui ont lu le Poulpe y ont des souvenirs personnels : ce n’est pas un personnage de polar, c’est la part de courage qui dort en nous et qu’on voudrait pouvoir réveiller, nous aussi, quand un fait divers nous révolte le matin au café…

DE LA TERRE AU CIEL

« Au 15, dirait un guide, très belle enseigne de galerie et d’atelier, au nom de Art Paul. » Et une vitrine de délicates antiquités.

Devant le 19, mes pieds me freinent : ils ont vu, tracée à la craie blanche et bleue sur le bitume, une marelle. Une vraie, avec la terre et le ciel, même si la terre est sous-titrée de cinq caractères chinois. Une marelle à la craie, à l’ère de la console en relief et de la Wii avec capteurs, cette chose fragile et persistante, cette âme transmise de poulbot déjà grand à titi encore petit, ah je ne peux que la contourner avec respect.

Au long des trottoirs – je n’arrête pas de passer de l’un à l’autre – les voitures sont stationnées nez à nez, les dociles face aux étourdies, ou aux garées avant dimanche (ou aux rebelles, qui sait ?)

Le 22, la plus ancienne maison de la rue. 1750 ! On salue bien bas. A son pied, une vitrine voilée de blanc, une porte vitrée translucide, il y a de la lumière, je frappe. Une jeune fille vient m’ouvrir : c’est Louise Duneton, illustratrice, et le lieu est galerie et atelier d’artistes. Je lui raconte l’histoire de la maison, expliquant du même coup son pavage ancien qu’ils ont conservé. Les murs aux pierres apparentes, le blanc des panneaux d’exposition, les couleurs vives du travail en cours, les dessins de Louise sur son site, à la fois sensuels et symbolistes, tout me ravit. La fille de l’auteur de La puce à l’oreille sait la force des mots et elle la démultiplie par la justesse de son trait : d’ailleurs son très beau conte Les deux ânesses est le logo de sa carte de visite.

A la hauteur du Soleil de la Butte, je me retourne. Je suis à 311 mètres du métro. Et je savoure le carrousel des voitures qui descendent-montent la rue Muller, tournent dans la partie désormais interdite de la rue Feutrier, ou partent en marche arrière vers la rue Clignancourt devant l’insistance de la voiture descendante, sûre de son bon droit et forte de l’élan de la pente. A un moment, elles étaient quatre à attendre que le fautif recule maladroitement et reparte vers un Ailleurs improbable et mystérieux où une échappée vers sa destination finale serait possible.

L’HIVER A LA TERRASSE DE L’ETE

Me voici déjà arrivée. Le flamboiement du soleil déclinant m’incite à rester en terrasse de L’été en Pente douce. Donc je ne verrai sa merveilleuse décoration intérieure, avec son plafond historique hérité de l’ancienne boulangerie, aux amours délicats, qu’à ma seconde expédition.

Assise sur la chaise de fer, un chocolat chaud parfumé, je savoure la flâne.

Devant moi, raide, effrayant dans sa rigueur, l’escalier qui monte vers le 2 de la rue Lamarck. Des amoureux le descendent. Des gosses le dévalent. Quelqu’un le monte. Je le suis des yeux : il rentre dans la première maison, au numéro 2, celle de 1890. Soulagée pour lui.

Du temps où elle était le 36 de la rue Muller, cette maison fut l’atelier d’un photographe témoin de son temps, comme on dit : François Gabriel (1883-1964). « Gabriel, roi des photographes de la Butte sacrée » ainsi le présentait une enseigne de Marcel Matho qui, sur le mur de la maison, au premier étage, signalait son atelier depuis 1914 (à la façon du lapin d’André Gill sur la façade de A ma campagne d’Adèle Lecerf). Caricature très montmartroise, où il porte une couronne, et où son appareil photo est prolongé d’une poire, une vraie, avec ses feuilles. Décroché en 1959 lorsqu’il cesse son activité, et parti aux USA, Zeus seul sait où. De 1914 à 1959, Gabriel photographia ses clients, ses groupes, ses noces, ses touristes, sur les gradins naturels de l’escalier devant sa maison. Une extraordinaire collection de visages et de vêtements ! Et lorsqu’un tournage profite du point de vue, Gabriel est là pour faire des photos de plateau ou saisir la vedette du jour : par exemple en 1939, dans la rue Lamarck, en haut de la rue Muller, le tournage du film Sans lendemain, de Max Ophüls, avec Edwige Feuillère, Gabriello et Pauline Carton, qui sortira le 22 mars 1940 et qu’on peut voir grâce à www.cinematheque.fr. Ou le chansonnier Roger Nicolas, en 1956. Ou bien Fernandel lorsqu’il tourne Pétrus avec Marc Allégret de janvier à mai 1946 : ce film dialogué par Marcel Achard, Fernandel y joue le rôle d’un photographe, cerné par Dalio et Pierre Brasseur. Tant de clichés merveilleux sauvés de l’oubli par Hélène, sa petite-fille…

Devant moi, juste à gauche de l’escadrin, une porte de ferraille verte, qui sonne en retombant, c’est un accès au square devenu Louise Michel le 18 décembre 2003 – qui en 1927 était le square St Pierre et s’est simultanément nommé Willette, du nom du dessinateur (1857-1926), jusqu’à ce qu’on s’avise de regarder de plus près sa biographie. L’effet Baleine, dirions-nous. Et Louise Michel, qui fut institutrice rue Becquerel, qui eut comme élève Mathilde Mauté, qui assista au mariage de Mathilde avec Paul Verlaine le 11 août 1870 à la mairie de la place des Abbesses, Louise Michel qui signait Enjolras, qui écrivait à Victor Hugo, et qui est l’âme indomptable et pure de la Commune de Paris, Louise Michel a enfin un lieu vaste comme son idéal, défiant le Vœu national des conservateurs du 7 décembre 1870. L’allée qui est devant moi conduit au pied de la fontaine édifiée par Paul Gasq en 1932.

A ma droite-droite, la rue Feutrier, qui termine sa boucle ici. On la descendait, depuis le haut de la rue Muller. Désormais on la montera : mais les voitures qui se retrouvent nez à nez, soit stationnées, soit roulant – émotion ! – démontrent que là non plus le changement n’a pas eu le temps d’être perçu.

La curieuse manie récente des prénoms de rue ne lui a pas encore rendu son Jean-François-Hyacinthe.

Si vous descendez (à pied) jusqu’à la porte bleue du numéro 21, vous verrez la plaque inaugurée par le ministre Daniel Vaillant, député-maire, le 8 mars 2010, qui nous rappelle que Rosa Luxembourg résida deux ans dans cette maison, de 1894 à 1896. Rosa Luxembourg s’engagea à quinze ans dans un groupe marxiste à Varsovie (alors russe) et échappa de peu à l’arrestation. Elle s’exile en 1889. Elle parle yiddish, polonais, russe, allemand et français : petite, marchant mal, elle voyage, milite, apprend et galvanise. Refusant la guerre de 1914, elle est emprisonnée pour cela à Berlin et, de sa prison, crée la Ligue Spartakus, parti communiste clandestin, qui s’opposera fermement à certaines priorités des bolcheviques russes. La révolution spartakiste éclate à Berlin le 5 janvier 1919, mais la répression est terrible, et Rosa arrêtée est assassinée le 15 janvier. Elle avait 49 ans.

A ma droite, après le Botak Café, la rue Paul Albert monte en biais. C’est au 17, dans une adorable maison à colombages, que vivait Monique Morelli, immortelle interprète des chansons de grands Montmartrois comme Carco (Le doux caboulot, 1962), Mac Orlan (Marie-Dominique, 1957, Les quatre saisons, 1962, La chanson de Margaret, 1968, La fille de Londres, 1989) Jehan-Rictus (Le revenant, 1963), Gaston Couté (J’entends les violons Marie, 1963)… La complainte de Mandrin survécut à la série télévisée (1972) : « Nous étions vingt ou trente, brigands dans une bande… ». Avec de nombreuses musiques de son mari, Léo Leonardi. Je ne suis pas exhaustive : je cite seulement, de mémoire, mes 33 tours d’autrefois, découvrant les dates dans ma documentation en CD. Je ne me souviens pas d’être allée à son cabaret Le Père Ubu, fondé en 1962, où elle accueillait Brigitte Fontaine et Colette Magny.

Oui décidément de belles voisines pour Louise Michel !

A ma gauche, à cette terrasse isolée du monde, mon voisin studieux tape sur un petit ordinateur qu’on appelle notebook et qui se sent menacé par les tablettes. Derrière lui, la rue Paul Albert descend en escalier – un chat campe en haut, silencieux gardien du gouffre – jusqu’aux rues del Sarte, Ronsard et Charles Nodier, autant dire presque au boulevard, au bruit, à la foule, au métro Anvers…

Je préfère rester là, dans la tendre beauté des fantômes fiers qui, un jour ou un autre, comme moi ce soir, comme vous demain, ont croisé la rue Muller.

Dans le bon sens.

Marielle-Frédérique Turpaud.


Descendre la rue des Saules

DESCENDRE LA RUE DES SAULES Par Marielle-Frédérique Turpaud Les rues les plus courtes de Montmartre sont-elles les plus riches d’histoire ? on le croirait à voir tout ce qui vit le long des 55 numéros de la rue des Saules – même s’il y a des trous dans …


L’art de la rue : tags et graffitis

L’art de la rue : tags et graffitis Un article de Jacques Bachellerie Le mot italien graffiti dérive du latin graphium (éraflure) qui tire son étymologie du grec graphein signifiant indifféremment écrire, dessiner ou peindre. En langue française, graff …


La Gazette de Montmartre N°45

Mars-Septembre 2012 Au sommaire L’actualité du Syndicat La vie du village F. Loup Antoine Westerman lance Le Coq Rico rue Lepic. Dossier Street art à Montmatre Montmartre et ses rues La rue Muller Montmartre des arts Les Petits Princes du Moulin Rouge …