L’art de la rue : tags et graffitis

L’art de la rue : tags et graffitis

Un article de Jacques Bachellerie

Le mot italien graffiti dérive du latin graphium (éraflure) qui tire son étymologie du grec graphein signifiant indifféremment écrire, dessiner ou peindre. En langue française, graffiti vient de l’italien graffito, terme désignant un stylet à écrire : c’est le nom donné aux dessins ou inscriptions calligraphiées, peintes, ou tracées de diverses manières.

Le mot anglais tag signifie étiquette : un tag correspond à la signature d’un nom qui est soit apposé pour signer un graff soit utilisé seul et pour lui-même.

Tags et graffitis, art ou vandalisme ?

Le débat qui cherche à déterminer si le graffiti est un art ou un acte de vandalisme existe depuis toujours.
Qui dit vrai et qui dit faux ? Bien que le graffiti ait gagné ses lettres de noblesse depuis fort longtemps déjà, certains réfractaires considèrent qu’il s’agit d’un cancre pour la société et le qualifient même de métastase ! Pourtant, tout porte à croire que s’il est réalisé dans un contexte légal, le graffiti est un excellent moyen de stimuler la créativité des jeunes et de les pousser à développer leurs talents, ce qui est somme toute très positif pour une agglomération. Du coup, ces jeunes ont davantage confiance en eux et perçoivent leur avenir d’un nouvel oeil. Souvent, tags et grafittis irritent, parfois ils séduisent. Les effacer systématiquement ? Et si c’était des oeuvres d’art ; et si on détruisait l’œuvre d’un futur nouveau Basquiat ? Aux propriétaires des murs de décider.

Histoire d’une expression populaire :
Mémoire de la vie quotidienne des humains depuis l’Antiquité, les graffitis ont toujours été un moyen d’expression, ludique, événementielle, revendicatrice, dénonciatrice, contestataire, amoureuse…
Qu’il s’agisse de symboles religieux, d’inscriptions militaires, de silhouettes humaines ou animales ou encore de simples ornements, de symboles ou de slogans politiques, ces dessins en disent long sur les modes de vie, les croyances ou les centres d’intérêts au fil des siècles.
On les trouvait sur les murs de maisons, d’églises, de châteaux, dans les cachots, les tours, les moulins à vent, les carrières souterraines, sur les rochers, etc …

Le graffiti urbain s’est développé souvent dans un contexte de tensions politiques : pendant les révolutions, pendant la guerre d’Algérie, en mai 1968 au Quartier Latin, sur le Mur de Berlin…

Certains graffitis relèvent de la communication pure et servent donc à diffuser un message, par exemple un message politique, souvent (mais pas uniquement) un message clandestin : nationalismes régionaux en Irlande du nord, en Bretagne ou en Corse, « V » de la victoire et de la liberté sous l’occupation nazie, etc.

Vers la fin des années 1960 et dans plusieurs pays des deux côtés de l’Atlantique, du fait notamment de la disponibilité d’aérosols de peintures “émaillées”, originellement destinées à la peinture d’automobiles, une partie des tags et des graffitis a gagné une vocation esthétique.

Cette forme d’expression urbaine est née à New York, rejoignant ainsi le mouvement hip-hop. Les premiers tags firent leur apparition sur les métros de la ville. Seul moyen de se faire voir et connaître, les graffeurs n’hésitaient pas à peindre des biens de propriété comme les trains mais aussi les murs et autres devantures de magasins. De par leur circuit universitaire ou autodidacte, leur vécu, leurs expériences, bien des artistes évoluent dans le mouvement des graffitis : des peintres américains comme Keith Haring, Jean-Michel Basquiat ont ce tronc commun d’être des “graffiti artists” de renommée internationale, exposant dans les plus grandes galeries de peinture et les musées.

Voyant un réel engouement de certains jeunes pour le graffiti, les peintres new-yorkais ont voyagé et importé ce nouvel art en Europe. Dès lors, le paysage urbain des grandes capitales comme Paris et Londres ne se pensait plus sans les tags et autres graffitis.

En 1960, le photographe Brassaï publie le livre Graffiti, fruit de trente ans de recherches, régulièrement réédité, qui propose le graffiti comme une forme d’Art Brut, primitif, éphémère. Picasso y participe. C’est sans doute la première fois que l’on évoque le graffiti comme un art.
Dans la foulée de mai 1968, les messages politiques de la rue parisienne gagnent en poésie et en qualité graphique. Ils sont notamment le fait d’étudiants en philosophie, en littérature, en sciences politiques ou en art et font souvent preuve d’humour absurde ou d’un sens de la formule plutôt étudié : “Cache-toi, objet !”, “Une révolution qui demande que l’on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa.”, “Le bonheur est une idée neuve.”, “La poésie est dans la rue”, “La vie est ailleurs”, “Désobéir d’abord, alors écris sur les murs”. C’est de cet affichage sauvage et militant que naît une tradition parisienne du graffiti à vocation esthétique.

Malgré un rejet quasi systématique des autorités pour le Street Art, le graffiti s’est construit comme une véritable institution. Ainsi, les graffeurs ont élaboré leurs styles et créé des codes spécifiques à l’art urbain. Dès 1970, le tag se distingue des fresques et autres lettrages exécutés d’un seul trait ayant souvent une forme très arrondie.

Aussi, le milieu voit apparaître de nombreux courants et techniques différentes ; le but de ces peintures est d’interpeller et d’impressionner le spectateur. Aussi les graffeurs misent plus sur leur capacité à peindre des surfaces extravagantes que sur la qualité visuelle de leur œuvre. Malgré une difficile reconnaissance, les tagueurs ont su acquérir la confiance des galeristes et autres artistes.

Usage actuel
En France, les graffitis issus de la tradition nord américaine (tags, graff…) côtoient les graffitis issus de la tradition ouest-européenne (collages, pochoirs). Les auteurs de ces graffitis sont appelés graffeurs ou graffiti-artists plutôt que graffiteurs. Lorsque le graffeur passe dans le domaine des créations légales, on parle de peintre en aérosol. Ces graffeurs se font connaître en apposant leur signature ou celle du collectif auquel ils appartiennent sous leurs œuvres, sur les murs, les métros ou encore les camions.

Des graffeurs-artistes affirment créer leurs images en réaction à la saturation publicitaire : à des images aux buts vénaux, ils opposent des images gratuites ; à des messages faisant la promotion de produits standardisés, ils opposent une publicité pour eux-mêmes.

La mémoire en tant que trace est un aspect important du graffiti : en gravant sur un arbre ses amours, en dessinant sur ses bancs d’école ou en inscrivant sur un mur le témoignage de son passage, l’auteur de graffitis transforme son support en un véritable pan de mémoire : mémoire collective, mémoire des événements, mémoire individuelle…

Le graffiti relève parfois de l’art visuel, de la littérature ou encore de l’humour. Il constitue alors une manifestation de l’esprit humain, poétique de par son aspect éphémère et altruiste, de par son mode de diffusion.

Toujours dans l’esprit graffiti, certains graffeurs tendent à une démarche artistique et créent des fresques colorées et aux formes compliquées..

Dès leurs débuts, le tag et le graffiti se sont battus pour ne pas être vus comme un vandalisme primaire mais comme un art à part entière. Ainsi, graffeurs et autres artistes urbains ont fait évoluer leur conception du graffiti dans le but de se faire accepter de tous, notamment de certaines hautes institutions.

Il existe de nombreuses techniques de graffitis ou d’art de rue assimilables, telles que : la peinture aérosol ( avec ou sans pochoir, support où l’illustration à reproduire est découpée, en négatif), la peinture à l’aérographe, la gravure auxquels on peut adjoindre, dans une définition élargie du graffiti, l’affiche, les stickers (autocollants), les moulages (en résine ou en plâtre collés sur les murs) et la mosaïque.

À partir de 1988, selon le sociologue Alain Vulbeau, les « tags » deviennent insupportables pour la population parisienne : les articles des journaux n’en parlent en effet plus de manière bienveillante et dans l’opinion publique le vandalisme urbain a pris le pas sur l’art de rue.
“Dire que la poésie graffitée est un sport dangereux est tout sauf accessoire” déclare Miss.Tic !

En 1992 , à Bruniquel (beau village du Tarn-et-Garonne où fut tourné Le vieux fusil ), des scouts éclaireurs engagés dans une opération de dépollution effacent des peintures rupestres datant de l’ère Magdalénienne (-15 000 ans) en croyant nettoyer des graffitis.

En 1996, la société Keep America Beautiful Inc. et la compagnie Sherwin-Williams (fabriquant des bombes de peinture Krylon, légendaires dans le monde du graffiti) lancent un programme anti-graffitis : « Graffiti Hurts » (le graffiti fait mal).

En 1999, un sondage réalisé pour la SNCF fait état d’une opinion majoritaire contre les tags et graffitis qui sont associés à l’insécurité. Au même moment, ce sont les émeutes en banlieue et à Paris au sein même des manifestations étudiantes ; l’insécurité est ressentie partout et par n’importe quel signe…

En 2003, la SNCF attaque en justice les magazines Graff’it !, Graff Bombz et Mix Grill, qu’elle accuse d’encourager le phénomène graffitis sur ses supports par la publication de photographies. Déboutée en première instance, la SNCF fait appel. Fin septembre 2006, la SNCF perd le procès en appel : les journaux, galeries, et consorts conservent le droit de montrer et diffuser des photos de graffitis mêmes vandales étant donné le fait que ceux-ci n’ont pas pour fin d’encourager à la dégradation mais bien de les relayer, avec la possibilité que ce soit un Art pour le public qui les regarde.

Les débuts 2000 sont marqués par la suprématie de l’art conceptuel, l’installation, le land art, la vidéo, le multimédia… Miss.Tic subit toujours, comme les autres figures de l’art mural, le scepticisme des marchands et des musées. Cependant, en 2002, son exposition à la fondation Paul Ricard Muses et Hommes marque un nouvel élan. Avec un brin d’arrogance et comme pour signifier une continuité avec les maîtres de la peinture, elle y réinterprète un certain nombre d’œuvres du patrimoine (Le Caravage, Raphaël, Delacroix, David, Gauguin, Manet, Toulouse-Lautrec, Renoir, Gustave Moreau…), rehaussées de charges critiques et de jeux de mots.

Miss.Tic et la génération d’artistes qui l’accompagnent ayant modifié nos repères esthétiques et moraux, les institutions commencent à accréditer certains artistes de ce mouvement.

D’ailleurs, du 27 mars au 3 mai 2009, a lieu l’exposition Le Tag au Grand Palais avec la collection Gallizia, soit 300 œuvres de 150 graffeurs internationaux, sous le patronage de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication. Plus de 80 000 visiteurs en cinq semaines s’y sont pressés !

Du 7 juillet au 29 novembre 2009, la Fondation Cartier pour l’art contemporain enchaîne avec l’exposition Né dans la rue, se déployant dans les espaces d’exposition, sur la façade et dans le jardin.

Quelques mois plus tard, les 13, 14 et 15 février 2010, l’Exposition-Vente T.A.G. Les lettres de noblesse voit défiler 5 000 visiteurs au Palais de Tokyo. Les œuvres exposées ont été vendues le lundi 15 février par la société Pierre Bergé & Associés au profit de l’association SOS Racisme.

La lutte contre les tags ; des pouvoirs publics concernés :
Malgré la place donnée au graffiti dans des galeries et des musées parisiens, ces dernières années, le graffiti n’a pas encore gagné la confiance de tous. Selon l’article 322-1 alinéa 2 du nouveau Code Pénal, “le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 4 000 euros d’amende lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger. Cette peine peut être portée de 7 500 à 15 000 euros si les dégradations sont, par exemple, opérées en groupe et/ou au préjudice de monuments historiques ou bâtiments publics.”

Réaliser des tags ou des grafitti est un acte illégal.

Les gens qui sont contre l’idée ont souvent recours à des arguments de taille. Parmi les raisons les plus plausibles, on mentionne souvent l’enlaidissement de l’image d’un quartier ou d’un arrondissement, la dégradation de certains monuments et biens publics.

Le vandalisme qui désigne tout acte de destruction ou de dégradation gratuite visant des biens publics ou privés vise le plus souvent des édifices, des biens mobiliers, des sites naturels, des documents ou œuvres artistiques, et en particulier tout ce qui constitue l’identité d’une culture et son patrimoine.

La présence de tags est jugée par les municipalités et les entreprises comme nuisible. La SNCF évalue à 5 millions d’euros annuellement les frais de nettoyage de graffitis sur ses trains. De nombreuses municipalités consacrent une partie de leur budget au nettoyage des graffitis. Enfin, certains graffeurs ont pris l´habitude de graver leurs signatures afin de les rendre indélébiles (sur les vitres des abribus, des cabines téléphoniques, les vitrines des commerçants, etc…).

Pour certains, l’explosion d’inscriptions et de dessins en tout genre dans les lieux publics fait figure d’agression, voire de menace pour la cité.
Le vandale graffeur a plus d’un tour dans sa bombe aérosol ! Le moindre espace libre lui permet d’apposer sa marque, sa signature, son sigle. On le bloque là, il réapparaît plus loin. Le plus souvent, les dessins sont anonymes ou signés d’un nom fantaisiste.

Soucieuses de préserver un cadre de vie agréable, la plupart des municipalités ont mis en place un service de nettoyage spécifique des tags et autres graffitis.

Le tag attire le tag : il faut agir vite et faire intervenir rapidement une entreprise spécialisée. Ces professionnels mettent en oeuvre les techniques adéquates, comme l’effacement ou le recouvrement (masquage du tag sous une couche de peinture de couleur similaire au support). L’enlèvement des graffiti sur les immeubles privés et municipaux de la Ville de Paris a été confié à l’entreprise privée HTP anti-graffiti.

Cette entreprise met à disposition des propriétaires, locataires et riverains un accueil téléphonique permettant de signaler la présence d’un graffiti afin que celui-ci soit enlevé dans les meilleurs délais.
L’entreprise HTP anti-grafitti doit en principe éliminer tout graffiti détecté ou signalé dans un délai de 10 jours ouvrables. L’entreprise met tout en œuvre pour traiter les graffitis faits sur les murs parisiens mais ponctuellement les délais d’intervention peuvent être plus longs. Les inscriptions injurieuses, vulgaires, attentatoires à l’ordre public, ainsi que la peinture fraîche au sol, sont effacées très rapidement, généralement dans la journée.
Trois solutions pour signaler des graffitis :

  • Contacter HTP anti-graffiti afin de signaler un graffiti, vous pouvez appeler le numéro vert : 0 800 00 46 26 (numéro gratuit pour les appels passés de France à partir d’un poste fixe ou d’un téléphone mobile) : le matin vous aurez une opératrice et l’après-midi un répondeur.
  • Appeler le centre d’appel de la Mairie de Paris : 3975 (prix d’un appel local à partir d’un poste fixe sauf tarif propre à votre opérateur).
  • Taper sur internet paris.fr/graffiti

Malheureusement les produits de graffitage agressent les matériaux et plus la pierre est poreuse, plus elle est vulnérable. Les produits nécessaires à leur enlèvement abîment, eux aussi, la pierre ; différentes techniques sont utilisées selon la nature des murs : eau chaude sous pression, produits chimiques, recouvrement… Pour cette raison, la Ville de Paris préconise des mesures préventives telles que l’application d’une protection anti graffitis.

Le dégraffitage :
L’intervention reste gratuite pour tous les graffitis visibles par le public(situés impérativement dans une partie publique et non privative) et apposés à une hauteur maximale de 4 mètres à partir du niveau du sol sur les immeubles privés et publics, murs d’enceinte, grilles, palissades ancrées, plaques de rue, mobilier urbain minéral, escaliers, trottoirs, rideaux des commerces visibles aux heures de fermeture, ainsi que sur les ouvrages d’art tels que les passages souterrains (ouvert à la circulation piétonne avec ou sans circulation automobile), les ponts, les piliers de soutènement (situés impérativement dans une partie publique et non privative). L’opération est réalisée par l’entreprise prestataire de la Ville de Paris (cette opération concerne uniquement le nettoyage des graffitis). Le nombre de nettoyages à effectuer à une même adresse n’est pas limité.

L’arrêté municipal du 15 octobre 1999, qui définit le dispositif prévu, précise qu’en cas de refus de cette prestation, le propriétaire devra faire procéder à ses frais et par les moyens qu’il juge les plus appropriés à l’effacement des graffitis et satisfaire aux exigences de l’article 99.2 du Règlement Sanitaire du Département de Paris.

Chaque année, environ 200 000 m² de murs souillés par les graffitis sont traités par les services qui interviennent systématiquement sur les bâtiments publics et privés.

Notre arrondissement est, après le Xème, le plus traité pour l’enlèvement des tags : en octobre 2011, 2 533 m²ont été nettoyés dans le XVIIIème ( 3 521 m²dans le Xème ). Sur la totalité de Paris, il a été nettoyé 28 360 m²de tags et de graffiti.

En octobre 2011, sur Paris, 6 648 interventions ont été effectuées, dont 122 pour effacer des tags injurieux, par l’entreprise HTP anti-graffiti.
Une détection rapide est faite conjointement par la société HTP anti-graffiti et les services de la Ville : des releveurs circulent régulièrement dans les rues du quartier et les éboueurs signalent les nouveaux tags.

Fresques murales, tags et graffitis dans notre quartier :
Nombreux sont les touristes et promeneurs qui découvrent quelques œuvres artistiques sur les murs de notre quartier.
C’est sans aucun doute le Mur des je t’aime qui en attire le plus : c’est une vaste mosaïque dédiée à l’amour placée dans le jardin romantique du square Jehan Rictus, place des Abbesses à Montmartre. Cette œuvre imaginée par Frédéric Baron et Claire Kito est devenue un lieu de rendez-vous pour les amoureux du monde entier, leur permettant de flâner dans un des quartiers les plus romantiques de Paris.

Au fil de leurs promenades, ils découvrent aussi l’œuvre du Passe-muraille en hommage à Marcel Aymé, réalisée par Jean Marais.

Beaucoup photographient également les graffiti d’artistes contemporains qui ont su se faire connaître en choisissant la rue comme musée avant de finir, pour certains, dans les galeries parisiennes.

Un des premiers à installer ses dessins sur les murs de notre quartier fut Jérôme Mesnager avec ses hommes blancs. Beaucoup d’autres le suivirent comme Gregos et ses masques en relief, Pitr et ses pochoirs, FKDL (Franck Duval), passionné par la récupération de vieux papiers et pratiquant le collage et la peinture de grands panneaux aux couleurs vives, Space Invader et ses mosaïques, Ema et ses hommes goutte d’eau ou Culbuto, des groupes d’artistes comme Rue Meurt d’Art et Murmure…

Quant à Miss.Tic, native de Montmartre qui pratique le pochoir à la bombe, toujours avec humour et poésie, elle exposa des œuvres à la Galerie W, rue Lepic, en 2011.

Les promeneurs les plus intéressés iront peut-être plus loin dans notre arrondissement pour voir le mur de fresques de la Rue Ordener, les rideaux de magasins de la Rue Cavalloti ou la fresque de la Villa des Tulipes peinte par Nicole Roux-Dufort, à la demande de l’association des habitants de la villa.

La rue est une galerie permanente à qui sait regarder. Certains s’occupent de la rénover, de la décorer, de l’animer et de la faire vivre ; d’autres avec humour et beaucoup de talent tentent de l’habiller de vêtements variés multicolores et hétéroclites.

Comme l’écrit superbement Norman Mailer dans The Faith of Graffiti , “ l ‘art des graffitis est un oiseau sauvage qui ne se laisse pas apprivoiser ! Il est le cri de révolte et d’affirmation de soi de la jeune tribu qui projette les apocalypses futures sur les parois des nouvelles cavernes urbaines, il est un art du refus qui s’exprime dans des lieux bien ciblés de l’espace urbain, selon une stratégie de la visibilité. Il est offert aux passants anonymes par des artistes qui ne sont pas tous anonymes, pour un moment d’arrêt dans la turbulence, une grimace dans la banalité ambiante ou un sourire pour réchauffer un mur lépreux.”

La peinture murale est le témoin des préoccupations propres à chaque âge. Cet art, peut être public, privé, laïc, religieux, populaire, élitiste ou même politique. Étroitement lié à l’ architecture, la peinture murale favorise l’expression de l’imagination de ses artistes. L’appréciation dans tous les cas reste très subjective, comme l’est d’ailleurs le regard porté sur toutes les œuvres d’Art.

Certains pensent qu’il faut conserver ces arts de la rue puisque ce sont des fruits de la création humaine et que leur but n’est pas de dégrader mais d’embellir ou d’informer !

D’autres trouvent que notre environnement urbain est envahi par tout et n’importe quoi ; très souvent, ils pensent qu’il s’agit d’annotations illisibles, aux « lettres » biscornues qui ne signifient quelque chose que pour ceux qui les ont faites, une véritable lèpre qui le défigure et que quelque soit leur nature, ils affirment qu’il est inadmissible que cela soit fait de manière sauvage n’importe où. Ils ne veulent pas alors parler d’art, mais simplement de dégradation de biens.

Jacques Bachellerie


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